Le Kenya est l'une des économies subsahariennes qui connaissent la plus forte croissance; le gouvernement a mis en place un plan ambitieux visant à en faire un «pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure» d'ici 2030. Le pays compte près de 50 millions d'habitants, avec une population urbaine jeune, éduquée et anglophone.
Investissements internationaux et Silicon Valley africaine
Parfois surnommée «Silicon Savannah», la scène technologique dynamique du Kenya compte parmi les start-ups les plus avant-gardistes du continent. Le manque d'infrastructures formelles en Afrique a servi de catalyseur à l'explosion des technologies dans le pays. Bénéficiant de vitesses d'internet mobile parmi les plus élevées au monde grâce aux câbles de fibre optique sous-marins, le Kenya est véritablement une économie connectée. Son écosystème technologique estimé à 1 milliard d'USD constitue un environnement attrayant pour les entreprises, les investisseurs et les professionnels du high-tech, qui accueille déjà des sociétés de premier plan comme Facebook, Microsoft, IBM ou encore Intel.
Le Kenya offre quantité d'opportunités aux entreprises suisses capables de répondre à des besoins africains par des solutions TIC sophistiquées. Un excellent exemple: le service de paiement mobile révolutionnaire M-Pesa. Ce produit a transformé les téléphones portables, même les plus rudimentaires, en comptes bancaires capables de transférer des fonds en tout sécurité, sans nécessiter d’expansion notable des infrastructures bancaires. Aujourd'hui, les solutions de fintech kenyanes sont pionnières dans les paiements transfrontaliers et les micro-financements. Près de la moitié des comptes bancaires mobiles enregistrés dans le monde sont situés dans la région; de jeunes pousses comme M-Pesa placent le Kenya à l'avant-garde du secteur émergent de la fintech, auquel les entreprises suisses ont beaucoup à offrir.
De même la création du pôle d'innovation iHub à Nairobi, le Kenya a donné le coup d'envoi à la multiplication des «hubs» technologiques en Afrique. Ce secteur offre aux entreprises suisses des occasions remarquables d'interagir avec des professionnels des TIC qui connaissent le contexte local et peuvent mettre en place des partenariats dynamiques et fructueux.
Les analystes du secteur promettent une croissance continue au marché des TIC au Kenya; la connectivité toujours accrue devrait générer toutes sortes d'opportunités pour les entreprises suisses innovantes.
Parmi les domaines en plein essor: les services financiers, l'internet des objets, l'intelligence artificielle, les solutions cloud et l'analyse de données, les jeux vidéo mobiles et la télévision par internet, les solutions d'e-learning et les simulateurs de réalité virtuelle, etc.
En attendant, Konza city, la smart city kenyane en développement, la ville a déjà vu arriver plusieurs géants de la tech : Microsoft y a établi un centre de recherche et de développement, Google a annoncé en avril dernier qu’il allait faire de même, et Amazon a créé à Nairobi un centre de serveurs informatiques à distance.
Engagement gouvernemental
Le gouvernement kényan a joué un rôle clé en créant un environnement favorable aux entreprises technologiques. Des politiques favorables aux start-ups et aux investissements étrangers ont été mises en place, renforçant la confiance des entrepreneurs et des investisseurs dans le secteur. promotion des stems et le gouvernement a imposé l’apprentissage des bases du codage informatique dès l’école primaire.
Bien que ces facteurs aient contribué à placer le Kenya au sommet du classement des marchés technologiques en Afrique, il est essentiel de noter que la situation est sujette à des changements rapides dans le paysage technologique africain. Les observateurs et les investisseurs surveillent de près cette tendance pour comprendre son impact à long terme sur le développement économique du Kenya et son influence potentielle sur d'autres nations du continent.
En attendant, le Kenya est devenu une destination prisée des géants de la tech américains, qui y voient un vivier de jeunes talents et d’innovations. Le président kényan, William Ruto, a récemment effectué une visite de deux jours dans la Silicon Valley pour promouvoir les atouts de son pays et nouer des partenariats avec des entreprises comme Apple, Microsoft ou Google.